Exilé

5,50

Chanson composée par ChamanKa à écouter sur Youtube :

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Description

Je suis née sous le ciel de France,

Où chaque région raconte une histoire,

Mes racines boivent à ses rivières,

Et mon cœur bat au son de ses mémoires.

J’ai grandi dans ses rues, ses champs, ses hivers,

Dans le goût du pain, le silence des églises,

Mais quand tu parles d’exil, je perds mes repères,

Car ton regard me dit : « Toi, tu n’as pas souffert. »

Tu as fui vers la France, les poings serrés, l’espoir au vent,

Tu as traversé la mer, le désert, le tourment,

Tu t’es dit : « Je vivrai libre », tu as crié : « Je suis vivant ! »,

Et puis un jour, tu as maudit ce sol que tu croyais aimer.

Non pas pour ce qu’il te donne mais pour ce que tu attendais,

Tu as crié ta haine vers les enracinés,

Sans songer un instant que l’exilé, c’est toi

C’est toi celui qui devrait s’intégrer…

 

Je parle français comme on respire l’air,

Sans effort, sans bruit, sans même y penser,

C’est ma mère, mon premier éclair,

Le premier mot que j’ai su nommer.

Mais toi, tu le parles comme on gravit une croix,

Dans chaque syllabe, un combat, une foi,

Le français, c’est la liberté, qui sonne à ta porte,

Ca ne peut pas être lettre morte…

On crie au « grand remplacement »,telle une insulte,

Mais la France est-elle un sol à défendre, un sang à préserver ?

On parle de racines, mais on oublie que les plantes poussent

de tous temps transportées, dans le sol qui les accueille,

nourries des nutriments de la terre du pays,

arrosées des pluies célestes communes,

et ainsi transformées en de nouvelles espèces.

Sans modifier la racine souche qui les a rassemblées.

Je suis chez moi, mais pas pour toi,

Dans ce pays que tu as choisi.

Toi, tu l’as gagné par la traversée,

Moi, je l’ai reçu par héritage.

L’exil n’appartient pas qu’à ceux qui fuient :

Parfois, il habite ceux qui restent.

Moi qui suis né dans ses rues, toi qui les as cherchées,

Moi qui l’aie reçue, toi qui l’a conquise,

Nous parlons la même langue avec des voix cassées,

Mais c’est le même cri qui nous unit, qui nous brise.

Elle n’est pas à moi, ni à toi, cette France en morceaux,

Elle nous tient, nous blesse, nous porte, nous lie,

Et si tu dis « chez moi », je ne dis plus « déplace-toi »,

Car ton exil fait partie de ma patrie.

Je suis chez moi,

Et toi aussi.

Dans ce pays qu’on aime, qu’on hait, qu’on reconstruit.

Toi par l’arrachement,

Moi par le silence,

Mais tous les deux,

On respire le même vent.

Et si l’appartenance, c’est juste un mot,

Alors faisons-en un chant :

 

France tu es ma patrie.

 

Je suis chez moi, toi aussi

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